LA COUR DE LA EAC REJETTE LES OBJECTIONS DU RWANDA ET POURSUIT L'EXAMEN DE L'AFFAIRE CONCERNANT LA RDC.

 DÉCISION HISTOIRE 


La Cour de justice de la EAC a statué qu'elle était compétente pour entendre l'affaire opposant la RDC au Rwanda concernant l'agression et les violations de souveraineté.


La Cour de justice de l'Afrique de l'Est (CJAE) a en effet rendu une décision historique dans le différend opposant la République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda, rejetant toutes les exceptions préliminaires soulevées par Kigali et confirmant sa compétence pour examiner l'affaire au fond.



La plainte, déposée par Kinshasa en septembre 2023, accuse le Rwanda de porter atteinte à la souveraineté, à l'intégrité territoriale et à la stabilité du Congo par des incursions militaires directes dans la province du Nord-Kivu, en coordination avec le mouvement rebelle M23.



Que signifie cette décision ?

La Cour a constaté que les actes allégués, à savoir les attaques perpétrées dans les territoires de Rutshuru, Masisi et Nyiragongo entre août 2022 et mars 2023, se sont produits après l'adhésion de la RDC à la Communauté d'Afrique de l'Est en juillet 2022, ce qui la rend pleinement compétente pour connaître de l'affaire.



Le Rwanda avait fait valoir que certains incidents étaient antérieurs à l'adhésion du Congo à la CAE, mais les juges ont rejeté cet argument, le jugeant « dénué de fondement ». La cour a également rejeté l'affirmation de Kigali selon laquelle la RDC n'avait « aucun motif valable d'action », rappelant qu'en vertu du Traité de la CAE, tout État membre peut saisir la justice lorsqu'un autre est soupçonné de violer ses obligations de souveraineté, de non-agression et de sécurité régionale.



Contexte et importance régionale

C’est la première fois que la Cour de justice de la CAE examinera le fond d’un conflit interne. Cette décision s’inscrit dans un mouvement plus large d’institutions africaines affirmant leur autorité judiciaire sur les différends régionaux.



En février 2025, la Cour africaine des droits de l'homme et des peuples, également basée à Arusha, a rejeté des objections rwandaises similaires dans une affaire distincte déposée par le Congo concernant des violations des droits de l'homme et des conséquences pour les civils liées au conflit de l'Est.

FRONT JUDICIAIRE 



Pour Kinshasa, la décision de la Cour européenne de justice (EACJ) renforce la stratégie du « front judiciaire » du président Félix Antoine Tshisekedi : associer la diplomatie à l'action juridique pour tenir le Rwanda responsable des crimes de guerre et des violations territoriales présumés.



PROCHAINES ÉTAPES DE L'AFFAIRE

Le Rwanda doit désormais présenter sa défense au fond dans les délais fixés par la Cour. Les juges examineront ensuite les preuves, entendront les témoins et détermineront les responsabilités éventuelles.



L’affaire est traitée par le Groupe de travail pour la justice internationale, une équipe conjointe d’avocats congolais et internationaux créée sur instruction du président Tshisekedi afin de garantir l’obligation de rendre des comptes aux niveaux régional, continental et mondial.



    Les observateurs estiment que ce résultat pourrait redéfinir la manière dont la Communauté d'Afrique de l'Est applique ses propres principes conventionnels et permettre de vérifier si le droit régional peut dissuader les agressions d'États en Afrique

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